vendredi 27 juin
J'ose le sourire
Je suis en manque d'écriture. (à lire avec Lo'Jo dans les oreilles)
J'aurais besoin d'étaler des niaiseries en tous genres sur un plateau et faire le tri de l'intéressant. Car la joie elle, est intéressante. Elle change l'éternel fond noir de mon échantillon de toile déjà délaissé après deux ans de fidélité. Néanmoins, je suis trop attachée à mon passé, aussi pitoyable soit-il, je n'ai même pas de quoi en être fière et je n'y trouve que des regrets, mais je suis accroc à la nostalgie. Un élan de folie serait souhaitable pour casser la fenêtre terne et crasseuse de ce "bouh du bas". D'ailleurs pourrait-on à présent le considérer comme un "bout du bas", non pas le fond du gouffre ni déjà le commencement du haut, mais comme mon petit morceau d'échelle, mon bouton d'ascenseur "rdc"[admettons que le bas ait les pieds sur terre] qui rend mon esprit plus équilibré. Oh!? "Quelle prétention" de me trouver équilibrée ? Je préférerais vous entendre dire : Elle progresse, elle progresse...
J'avoue que j'ai triché à "qui aura le meilleur moral estival ?", mon joker s'étant longtemps dissimulé derrière les nuages de mauvais temps, il est survenu juste à temps pour l'été. Donc cet équilibre serait par conséquent...passager. Il parait que la luminosité du soleil influe sur le moral, il y a même des gens qui se shootent à la lumière l'hiver. Je suis davantage favorable au reggae , mais pourquoi pas ? "Un jour j'inventerai une boîte où qu'on peut mettre des rayons de soleil dedans !" Et j'entends déjà Descartes s'étouffer en bouffant ses pissenlits...[désolée pour la qualité de l'image]
dimanche 16 mars
le mot de trop
Scolarité en danger?
Inadaptée au système scolaire, qu'ils auraient dû mettre sur le bulletin du trimestre. "Passage sous réserve" était soi-disant préférable.
Ma mère était présente au conseil. Je n'veux rien savoir. D'accord, mais je n'passerai pas à côté de la réalité même si elle est dure à accepter. Et merde.
-"Elle veut rien savoir, mais si elle continue, elle va redoubler" glissait discrètement Melle la déléguée à sa camarade. Le mot de trop. Moi ? Redoubler ? Inenvisageable, voyons, inimaginable ! Et pourquoi pas ?.. La dépression peut m'emmener plus bas que prévu.
Ça me rappelle l'an dernier. J'étais considérée comme "Plus mature" que la moyenne, "Plus responsable" que la moyenne, plus "Elle fera de grandes études" , "Plus courageuse" aussi. On avait beau me parler de baisse de note de la troisième à la seconde, honnêtement, j'y croyais pas. J'me prenais pour Superman. J'étais tellement "Plus que la moyenne" que j'me croyais au dessus du danger et de la déception, je voyais toutes les portes de l'avenir s'ouvrir par ma seule volonté. Mais aujourd'hui, me voilà rentrée dans la moyenne. Je suis comme les autres. Je suis une autre. Les autres sont moi. Et je n'comprends plus toutes ces promesses d'avenir qu'on croit me promettre parce qu'on m'a connue à mon apogée. Je n'ai plus de futur parce que je ne suis plus, je ne crois plus, je ne sais plus. J'attendrai le futur, que je sois de nouveau, que je croies de nouveau, je je sache de nouveau. J'ignore combien de temps attendre. J'ai peur.
samedi 09 février
le Conditionnel
"J'aimerais bien"
Je prononce souvent cette phrase, mais à force d'espérer et de fantasmer un évènement, j'intellectualise chaque pensée, chaque envie. La voilà qui se transforme alors en "je veux fuir".
Facile à dire : arrête de penser trop fort [ça fait du bruit], difficile à faire. J'apprends à manipuler mes rêves, saurai-je contrôler mes songes ? J'aimerais bien. Trop d'espace pour trop de pensées inachevées.
Toujours, je dois répéter le même couplet, les accords se suivent et se ressemblent. Ce que ça peut m'agacer de lire les mêmes plaintes depuis trois ans. J'en ai assez d'utiliser sans cesse les mêmes idées pour écrire quelque chose. L'inspiration manque. Pourtant, je me dis, ce n'sont pas les sujets qui manquent. j'aurais été un des "Moi" précédents, le moindre argument échangé avec ma mère serait passé sur du papier, le moindre sourire d'un garçon, je l'aurais protégé d'un cadenas, et la moindre larme versée aurait retenti sur mon clavier. Je dois traverser une sorte de vide émotionnel, une espèce de coupure entre deux passages identitaires...Encore perdue entre deux mondes, "un pied dans les nuages, un autre tourne la page" comme dirait le chanteur de Néox. Quoique, je doute qu'un pied puisse tourner une page...à voir.[un peu d'adresse et le tour est joué!
vendredi 14 décembre
"one more time"
J'ai cru bon de croire, encore une fois. Pourtant décidée à cesser , j'ai recommencé. Mais au fond n'est-ce pas la nature humaine ? Croire au bonheur pour se donner l'illusion de s'en approcher chaque jour. Vision défaitiste, nature pessimiste, pour repartir dans un récit narcissique :
Entrée au lycée, synonyme de nouvelles rencontres. Parmi tant d'autres il y avait Lui. Dès la première fois que nous nous sommes parlés, je l'ai observé (tout en conservant mon hystérie réactive aux nouvelles présentations). Ma première impression était celle d'un garçon compréhensif et effacé. Je me souviens notre premier regard dans le sombre couloir de la 213, sa haute silhouette se dessinait devant moi, ombre qui s'imprima en moi à l'encre indélébile. La semaine suivante, on se trouvait un point commun mais c'était déjà cuit par la foudre pour moi : J'étais amoureuse, du moins, il me plaisait bien. Ensuite, il y a eu ce jour où j'ai découvert ce qu'était la jalousie : très déstabilisant en fin de compte mais relativement amusant si on le prend comme un jeu de chance ou de concurrence. [L'amour reste-t-il un jeu en mûrissant ?]
Quelques semaines plus tard , tout me semblait possible. J'étais, comme dirait une amie, "sur mon petit nuage". Je pouvais l'atteindre, son ombre s'effaçait pour devenir lumière à chaque instant. Il savait me comprendre (du peu que l'on se connaissait) il savait me rendre heureuse. J'ai bien essayé de sortir de ma bulle mais rien à faire, je n'arrive plus à accorder ma confiance. J'avais peur de souffrir. Pourtant je savais ce que je voulais. Je pouvais. M'aurait-il fallut plus de temps. Ses sentiments éphémères ne me l'ont pas permis. [Aie]
Ben bravo ma p'tite maint'nant t'as mal et tu peux faire la victime ,c'est toujours "relativement amusant" ce jeu ?.. "non"
vendredi 30 novembre
Acoustic Violence
Il est un lieu que je privilégie, où je me retrouve à présent seule ,à battre du vent. Je me souviens encore des compositions qu'On apprivoisait, Avant. Ces moments étaient tellement fort qu'aujourd'hui j'ose à peine constater la fin et le silence de cette salle de musique.
Assise en face de ma batterie, face à toutes mes vexations et mes frustrations, je traque les erreurs. Le seul moyen que j'ai trouvé afin d'extérioriser la douleur qui me ronge et me fissure, c'est l'échec. Je le vois, je l'entends à travers mon imperfection. Je dois apprendre à m'aimer Vraiment pour enfin aimer en retour, à avoir confiance en moi pour faire confiance aux autres, sans avoir peur constamment. Dans la nuit, dans le froid, dans la solitude de mon antre silencieuse, je pleure ,Pour de vrai. Je vide mes maux par de brefs sanglots et recommence le morceau parce que j'ai envie d'y arriver. Il le faut. Parce que je crois en l'avenir et que je peux encore espérer, quoi que ce soit.
Voilà deux moi et 10 jours que je prends ces satanés
comprimés c'est à dire 70 unités, ce soir
,précisément.
Il y a deux mois, je m'imaginais
à ce moment précis, débarrassée de ma
fichue carapace épidermique, riant enfin de ce passé ingrat de
"vieille peau". Note à moi-même : ne jamais attendre trop
de quelque chose (ni de quelqu'un, d'ailleurs...). Je passe aux aveux.
Je crois à ce miracle. J'espérais même changer de
vie, muer, être bien dans ma peau (que le terme est
adapté! ).
J'attends, je crois, bêtement. Longuement ,j'attends la
mue décisive, la métamorphose. Sans le savoir je suis en
plein dedans ! La mue chaque jour s'accentue, une peau neuve attend
quelque part sous ces épaisses et lourdes couches
kératosiques. Quant à la métamorphose, je la
connais bien, peu à peu elle dessine son œuvre comme le temps
modifie le paysage.
Un jour...
jeudi 27 septembre
Automne
Et voilà. Le premier feu de l'année. 4 jours d'Automne, et la température frôle le zéro, déjà. La pluie anéantit l'éphémère oeuvre de la saison. Les feuilles jonchent les troittoirs gris, ça forme une pâte marron où on aime pas bien patauger. Les flaques sont sales. Je veux encore m'extasier du camaïeu des marronniers, un doux soleil dans les cheveux, et chercher les marrons sortis des bogues brisées, en jupe rouge, sous une pluie de feuilles cuivrées. Malheureusement, les arbres se dénudent vite, et bientôt les champs où l'on se rêve allongé pendant les longues heures de cours se recouvriront d'un manteau blanc ou de la lourde brume des vallons.
Comme les jours deviennent courts, l'aura du soleil ne brille même plus quand je me lève, c'est un nuage noir qui m'accueuille, et une violente humidité qui m'assaille à peine les volets ouverts. Heureusement, il y a mon "chevalier servant" ,comme dit ma mère, en train de m'attendre devant la maison. Rien que la vue de ce garçon me donne l'impression d'être moins seule, lorsque j'ouvre ma fenêtre en lui criant "j'arrive! j'suis en r'tard". C'est bon d'avoir des amis, de se sentir entouré. Ce que j'aime au lycée, c'est que mon univers s'élargit très vite. Plus vite que je n'l'aurais cru. Je m'ouvre, ça y est. Chaque jour, je rencontre de nouvelles personnes, et j'adore ça. Jamais je n'avais éprouvé un sentiment pareil de légèreté. Je suis comme un ballon qui flotte un peu partout mais sans vraiment savoir où aller.
mardi 25 septembre
faible
"J'ai besoin d'être quelqu'un aux yeux des autres pour exister"
Je me sens vaine. Ma volongté l'est. Si ma volongté ne se suffit pas à elle même pour s'accomplir, alors comment arriver au bout de mes exigeances ?
Tout ne s'improvise pas.
Ils faut un temps pour apprendre et enfin "accomplir".
Pourquoi vaine ? parce que je veux toujours brûller les étapes.
"Ne jamais dire jamais, jamais dans la vie", je n'pense pas. Il y a des choses pour lesquelles on est doué, d'autres, pas, c'est tout. Il faut juste avoir un but dans la vie, en changer, mais toujours garder l'oeil sur un objectif.
Histoire de volongté ? Non plus. On n'peut pas briller dans tout avec de la volongté.
Persévérence ? Si tu aimes les longs chemins.
Courage ? Si tu aimes t'essouffler.
Certains diraient que tout est possible. Moi pas. La liberté me dérange. Les limites m'oppressent. Je viens d'arriver aux limites, justement, de ma pensée. Là où s'opposent mes idées, l'endroit où tout se lie et se contraste : le néant ou la boucle infinie de mes songes. Ca tourne en rond, mais heureusement, ça tourne rond. ( dur à suivre, j'avoue)
vendredi 21 septembre
Samedis
J'adore les samedis
Samedis citadins, passés au bord du Rhône, autour de moi seulement de la lumière, les pieds dans l'eau claire et l'air concentré. Les jours de grand soleil m'inspirent quand Fourvière domine la ville ,et s'impose par sa clarté, que la Croix rousse brille au loin de ses centaines de fenêtres et que le temps semble s'arrêter pour me laisser franchir le pont sans bousculer personne dans ma contemplation béate, encore une fois.
Aussi, les tristes, les simples et les samedis gachés au fond de mon cocon, rien qu'à moi, abrutie pas les écrans, la tête vide, encore une fois. Il y a tant de samedis différents même dans l'appréhension du dimanche, c'est de loin mon jour préféré.
Ce samedi là, la ville resplendissait. Malgrès l'automne qui menaçait, l'eau du Rhône était bleue, d'un bleu profond et intense, empli de soleil. Le ciel s'étirait très loin, et les nuages avançaient, plus hauts que jamais je ne les avais observés. Des personnes lachaient des ballons d'hélium. Petites balles de couleurs, minuscules points rose et jaunes que j'aimerais bien suivre jusqu'au bout du monde en m'accrochant au fil...Un jour, je voudrais devenir un ballon d'hélium et me laisser porter vers l'inconnu, admirer le paysage, juste, regarder en bas et voir le monde d'autre part que d'mon mètre cinquante-quatre.
mardi 04 septembre
Nostalgie, me quitteras-tu un jour ?
Ont veut me noyer
Ont veut m'extraire de force de mon bocal pour me jetter dans la mer "avec les grands"
*Aieuh* Rendez-moi ma bulle! J'veux pas grandir...
Et voilà, j'me prends 15 ans dans la tronche, la petite écolière entre au lycée. J'en reviens pas .
J'apréhendais surtout le changement d'établissement et les nouvelles têtes desquelles supporter le regard.
Ma rentrée faite, j'me rends compte que des changements pareils, on les retrouve tout au long de sa vie et qu'ils sont facilement surmontable après tout... Mes peurs ont changé de visages, ce qui m'inquiète à présent ce sont ceux de mes amis que je crains ne plus reconnaître. Ce qu'on peut changer à cet âge, ce qu'on peut en faire des conneries, ce qu'on peut savoir profiter des instants présent sans se soucier de l'avenir...
Pourquoi ne puis-je pas bénéficier de tout c'la? Comme ma vie serait plus douce, comme je serais leur amie, comme je pourrais partager leurs rires à eux, eux, peuple innaxcessible. J'voudrais prendre un briquet, brûler le voile qui nous sépare et allumer leurs clopes au passage...Voilà le problème. Je les envie de pouvoir profiter d'leurs jeunes années comme on dit, je les jalouse tellement que j'en viens à les hair, à me hair de ne pas réussir à être la même. Je les envie de n'pas avoir à porter de masque en permanence, d'être ouverts. A côté de ça il y a des fois où je me considère tellement au dessus de tout ça , voire au dessus d'eux ,que j'en viens d'une part à culpabiliser d'oser penser une chose pareille ,et d'autre part je me r'trouve bien contente d'avoir échappé à toutes ces bétises...D'un côté une connerie de quête identitaire, de l'autre une conscience qui me souffle les bonnes idées. "Bonnes"? 'Faut voir...pas très bonnes à vivre, en tous cas.
Je dis que je n'veux pas grandir, je dois bien avouer que je m'y force; Obligée? Oui, par la force. La même force qui a voulu que la présence d'un père me soit confisquée : celle du destin...Faut-il encore que j'y croies ... Voici sûrrement d'où me vient cette confiance aveugle en l'avenir et cette devise idiote "Tout ce qui pourra m'arriver ne sera que bénéfique à mon développement." (idée venue d'un certain inconnu m'ayant envoyé quelques mots à la suite du décès de mon papa).
Mon Papa...Comme je voudrais qu'un père me console. J'aimerais remonter le temps jusqu'à la fois où je m'étais retrouvée dans le même état un 3 semptembre 2005, et accepter ton aide, cette fois-ci, pour garder tes mots dans une boîte et pouvoir l'ouvrir aujourd'hui. Je n'ai pas pu te connaître en 13 ans, impossible de m'inventer la consolation que tu aurais pu me donner...Me voilà à regarder un vieux disney, je régresse, comme dit Maman : J'ai besoin de reculer pour avancer.[vert comme mon lycée :p]
dimanche 08 juillet
regarde où tu mets les pieds!
Je vis dans le passé.
C'est un rêve qui me l'a rappelé quand, dans la pâle lueur du crépuscule, l'apparition de mon subconscient me fit quitter mon lit, instinctivement.
D'après mon psy, il est toujours bon de se souvenir. Continuellement, ça reste néfaste. Ces films rembobinés sans cesse dans ma tête m'empèchent d'avancer. Je me bloque comme un disque rayé, je piétine et j'regarde le ciel pour pas voir le mur que je dresse (in)volongtairement devant moi. Alors je me perds dans mes rêveries, je préfère admirer la vie de personnages romanesques à la place d'essayer de marcher droit devant, sans bousculer les gens qui me disent de regarder où j'marche au lieu de suivre les nuages...Heureusement, il a Maman. La seule personne avec laquelle je me sente bien. Elle est seule à me guider à présent, mais celà me suffit pour l'instant , son aide est déjà immense et je l'admire malgré qu'elle ne soit pas de fiction. Ce matin même elle me demandait " à ton avis, dans la vie, il vaut mieux être un roseau ou un chêne ?" Inculte que je suis de ne pas connaître cette fable de LaFontaine, je pensai qu'être un chêne valait mieux, pour son ombrage et son importance. Je reffuse de l'admettre mais je m'arrête en effet à l'apparence, pourtant persuadée du contraire... Tandis qu'être un roseau ne consistait qu'à grandir et à essayer de se faire valoir auprès des grands, ce qui me sembla une situation instable.
Elle me corrigea "Eh non, dans la vie être un roseau c'est pouvoir ployer sous le vent, sans se casser, alors qu'un chêne ne résiste pas aux tempètes."
J'ignore d'où me vient ce récent culte de ma mère. J'ai sans doute absolument besoin de réconfort ,d'un retour en arrière, d'amour et d'admiration. Ce n'est pas son rôle de me l'apprendre, mais c'est elle qui m'aide à vivre.
mercredi 20 juin
Maman a toujours raison
Je me suis conduite comme J[....] et J[.......] à la fois. Ces deux mêmes qui chacun leur tour ont tué le peu de naïveté enfantine qu'il me restait au fond du coeur, il y a trois ans.
Pourquoi avoir fait ressurgir tout cela sur Elle?
Elle...et son erreur similaire à la mienne. Elle et sa fâcheuse tendance à reproduire mon passé. Elle et ses allures de corbeaux, elle et ses divers couteaux, elle et sa haine envers le monde, envers moi et sa propre personne.
Pourquoi? peut-être parce que j'avais le simple besoin de déverser l'accumulation de toute une (si) courte vie. Loin de moi l'idée de faire souffrir autrui, comme moi j'ai souffert...Non plus celle de vouloir partager ma douleur, je voudrais l'oublier.[Elle mettra du temps et j'en suis navrée mais je refuse de continuer à vivre dans l'hypocrisie]. Juste de décrocher les sacs de ma montgolfière pour prendre davantage d'altitude, me débarrasser des encombrants; Je ne me sens pas plus libérée, mais j'ai assommé, avec mes sacs, une fille que j'ai aidé à tomber. C'est déjà ça, j'ai envie de dire, ma cruauté n'ira pas jusqu'à la petite note d'humour sarcastique(pour une fois). Ai-je quoi que ce soit à me reprocher (à part avoir beaucoup à apprendre sur les rapports humains) ? D'avoir joué au vilain jeu de mes propres bourreaux. Ceux là étaient des enfants inconscients de ce qu'ils m'infligeaient, je crois...Aujourd'hui je reproduis la scène, totalement consciente de mes actes. Elle me conseille de grandir, je ne sais que dire. Est-elle mal placée pour se le permettre? A-t-elle besoin qu'on lui rappelle, à elle aussi qu'elle est une enfant? Ou bien se place-t-elle tout simplement en position de victime ? (ce qui lui va aussi bien qu'à moi)
A 15 ans on a le droit de reconnaître qu'on est encore une enfant. Qu'on est vraiment loin de tout savoir de la vie. Enfant en manque de reconnaissance que je suis. Elle est moi. Moi en version primitive. Non je déconne, je voulais juste dire qu'elle me rappelle moi quand j'avais 12/13 ans. Quand j'avais prit conscience de ce que j'avais perdu déjà, et que, oui, dans la vie, on est souvent déçus.
Révélation, alors, qui marqua le commencement de ma pleine adolescence...Chose qu'on devrait avoir le temps de voir passer. On m'a imposé ce changement, alors que j'aurais préféré jouer encore quelques temps à la poupée. Après il y a eu le cancer puis le décès de mon père. Le temps de son agonie j'ai vite comprit que les bons moments on ne les passait pas cloîtrée dans sa chambre devant un ordi. Refusant de les passer avec mes débiles de copains et leurs débiles de bières, je profite de ma maman dont les bons conseils me permettent aujourd'hui de penser juste, je crois, parce que rappelons-le, ma mère a toujours raison.
lundi 04 juin
la lettre(s)
Aujourd'hui, j'ai cru à ma libération. Un jour heureux après quelques semaines moroses. J'y ai cru. J'ai cru à beaucoup de choses sans vraiment m'en convraincre, et heureusement. Le soleil de juin, la chaleur qu'on attendait tant, Lyon, et deux hippies bleues pour m'accompagner. Merveilleuse après midi à contempler leur touchante complicité. Ballade au bord du Rhône, les pieds dans l'eau flottant au gré du courant, les vagues qui trempent le pantalon...Et les ptits poissons qui ne veulent pas aller dans le réservoir du taille crayon. Un coup de soleil, un futal à la sympathique odeur du fleuve, une photo de nous dans l'album de voyage d'un touriste...Excellente après midi jusqu'à la réception de cette enveloppe. Je conaissais déjà son contenu, mais au fond de moi se cachait un espoir secret. Bienvenue au monde de la désillusion. "J'ai le regret de vous annoncer" ok, on conait le refrain. Voilà. Tout était déjà joué malgré ma naîveté. On m'a refusée dans le lycée de mes rêves. Maintenant, j'ai plus le choix, je vais aller m'enterrer dans mon trou verdâtre et mousseux pour trois ans.
Trois ans...c'est vite passé. Y'a trois ans, je venais de rompre à jamais avec mon enfance, de perdre mes "copines" de l'école primaire, de flirter avec les idées noires et sur le point de gacher les années à venir pour une petite lettre d'amour glissée négligement dans une trousse d'enfant. Passée par déjà beaucoup d'étapes de l'adolescence, je n'ai toujours pas tourné la page. Je me torture encore et encore, à me dire...à me dire des conneries; ce mec ne vaut pas un clou...Et le pire dans tout ça c'est que j'ai encore de l'estime pour lui, que je n'arrive pas à l'oublier et ,je crois, que je refuse d'admettre qu'au fond mon coeur est encore chaud, palpitant et surtout blessé.
dimanche 29 avril
quatorze
Il est Samedi soir. La lumière du soleil rase les fleurs, il fait lourd, tout le monde a ouvert ses fenêtres. En foulant l'herbe presque arrosée du soir, je peux entendre le son des postes de télé des voisins, sentir l'odeur de la cuisine des inconditionnels de la pizza du samedi soir. Appareil photo en main, je saisis les derniers instants de l'après midi. Impression de vacances, de liberté de pouvoir jouer avec le temps qui passe sans me soucier guère du lendemain.
Impression de vide parce que plus rien de compte alors que les rayons qui se faufilent à travers les poils du chat, les premières roses écloses et les perles d'arrosage sur les feuilles. Parce que journée de merde, parce que remuage du couteau dans ma plais, pourquoi... J'ai raté mon examen à cause de mon manque d'assurance, à cause de cet imbécile avec sa guitare qui m'a planté deux flèches dans le coeur. Bref. Je suis déçue et presque meurtrie. Je ne veux plus aller me coucher à 3 heures du matin, alors je ferme la télé et regagne ma couette tant aimée.
Il est dimanche soir. Y fait noir. Il fait lourd. Les nuages sont bas, les éclairs fusent, les moucherons sont collés aux fenêtres et les premières gouttes de pluie ruissèllent contre les vitres. Chaque chose est normale. A part peut-être le fait que je n'ai pas eu l'impression d'avoir passé un week end comme les autres. Je me sens légère et en même temps tellement encombrée. Tellement vide que je crois être en vacances c'est assez déroutant surtout quand je sais que je me lève à 7 heures le lendemain matin.
samedi 14 avril
fleur épanouie
Il ne te voit pas comme moi. L'un et l'autre partageons un amour différent avec toi, et tu nous le renvoies, de manière fort peu équitable, il me semble.
Il ne te voit pas comme moi, et je t'ai vue comme lui t'aime, j'ai vu ce que, lui, voyait à travers son objectif. La femme dont il est amoureux. Parmi ses photos, je ne t'ai pas vue, pas reconnue. Ce n'est pas la fille qui me tripotait les joues le mercredi, ni celle qui m'emmène ,quand elle le peut, en vélo ,goûter l'air de la campagne qui lui manque tant.
Tout simplement la beauté qu'Il admire, celle que j'envie, la fleur épanouie qu'il prend goût à sentir...Au fond, qu'elle vive sa vie.
Je dois finalement accepter de partager ma soeur avec un inconnu. Je n'y peux rien, juste apprécier les moments qui nous sont donnés pour raviver un peu l'éclat de notre amour à toutes les deux. Quoi qu'on y fasse, "chacun[e] sa route, chacun[e] son chemin" comme dirait l'autre. Qu'elle suive le sien. Et que je continue à marcher de mon côté, il fait pas bon s'arrêter dans la rue, seule , la nuit. Elle a grandit, et moi aussi. Elle a aussi trouvé un compagnon de route, tant mieux pour elle ,remarque. On n'pouvait pas rester éternellement gamines et puis chaque relation évolue à sa façon, la notre a beaucoup changé, en bien ou en mal, je n'saurais pas dire. On ne se parle presque pas parce que je n'ose pas parler à mon modèle, à celle que j'admire, je ne suis qu'une petite soeur en fait.
_ Tu passera à la maison demain ?
_ Je viendrai, et on fera un tour de vélo.
vendredi 06 avril
pensées de Paris

Les gens s'aiment au Champ de Mars
S'embrassent à Montmartre verdie
Ils sourient au temps qui passe
Et n'ont pas peur de la nuit
J'aime le métro de Paris
Et sa musique incessante
Comme l'accordéon noirci
Et ses vieux airs qui m'enchantent
Tout le jour je t'ai cherché
Scrutant du regard la ville
Mais hélas sans te trouver
J'ai alors coupé le fil
Ma marionette adorée
Comme j'aimerais t'enlacer
Et attacher nos ficelles
Après nos coeurs de dentelle
J'aurais voulu vaincre ce rêve
Qui par sa beauté trompeuse
Nous poursuit sans aucune trève
Dans notre passion malheureuse
(précisons que mon bouh du bas fête ses deux ans)







































