samedi 13 juin

si peu fictif

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Il semblerait qu'il y ait une odeur d'été. Je le sais aux longues soirées, à la terre qui expire la chaleur sur sa peau, les foins coupés, la lumière, les étoiles, les cris des enfants qui ressentent trop la douceur nocturne les enivrer pour se coucher. Possible que je respire mal, possible que je n'aie plus de sens. Je suis peut-être là, plantée dans l'herbe à regarder le noir pousser depuis la nuit, la nuit venir du noir, et je ne le sais pas. C'est comme si je m'étais enveloppée dans le bleu du ciel mourant et qu'il avait puisé ma force et ma conscience. Blottie contre son velours, je regarde apparaître les astres qui devaient veiller sur moi.
Un sentiment effervescent s'est arrêté de pétiller dans mes veines et sa pulsation irritante me manque déjà. J'ai chuté violemment du sommet de mon euphorie, je n'ai plus rien dans le sang tout s'est dissout tout d'un coup. Le temps d'ouvrir une paupière sur la réalité, j'ai vu un brouillard se dissiper, et le noir est venu. Ni magie, ni plénitude ne survit, je tombe de haut et tu ne peux pas le savoir, évidemment. Tout simplement, c'est la déception, la désillusion. Je pensais avoir pu effleurer, du moins, un sentiment chaleureux, qui m'aurait tenue à l'abri, cloisonnée dans mon bonheur, alors que je me rends compte subitement de l'erreur. C'était un rêve, l'être fictif, infictif, le trouble.

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Posté par bouh à 14:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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